Le Living Lab,  un modèle plébiscité dans le champ de la santé !

Le modèle Living Lab répond à deux enjeux essentiels du secteur de la santé : la participation des citoyens dans le processus de création et la création de nouveaux usages. Les Living Lab dépassent désormais l’approche classique dite « centrée sur l’usager » par une approche « portée par l’usager ». Ce modèle appliqué au domaine de la santé permet de remettre le citoyen et les usages au cœur du processus d’innovation, et plus largement au cœur des processus économiques et sociaux.

Dans la mouvance de l’émergence des « Open Labs », le concept de Living Lab est né au M.I.T. en 1985. Plus qu’un concept, un Living Lab est « une méthode de recherche en innovation ouverte qui vise le développement de nouveaux produits et services » d’après le Livre Blanc Qu’est-ce qu’un Living Lab ? publié par Umvlet en 2014.

Développé en Europe depuis 2005, le concept de Living Lab s’y déploie avec la création en 2006 d’un réseau européen des Living Labs (ENoLL) qui labellise et fédère les Living Labs. Il existe aujourd’hui plus de 400 Living Labs labellisés à travers le monde.

Le modèle Living Lab, plus qu’un concept !

Le modèle Living Lab est défini comme une méthodologie d’innovation ouverte portée par des acteurs divers, dont l’usager, qui vise le développement de nouveaux produits et services.

Quatre activités principales ont vocation à se dérouler au sein d’un Living Lab : la co-création (co-conception avec les utilisateurs) ; l’exploration (découverte des usages émergents, des comportements et des opportunités de marché) ; l’expérimentation (mise en œuvre de scénarii dans des communautés d’utilisateurs) et l’évaluation (évaluation des concepts, produits et services, selon la diversité de critères propres aux Living Labs).

Véritable laboratoire grandeur nature, l’approche promeut le test des technologies et des innovations dans un environnement réel ou simulé, en interaction étroite avec les usagers, par la mise en place de processus collaboratifs et itératifs.

Pour résumer un Living Lab est à la fois un environnement physique ou numérique, une méthodologie et un écosystème qui tire profit de

 

collaborations liant usagers, chercheurs, entreprises et/ou institutions publiques dans le but de développer de nouveaux produits et services.

Un modèle plébiscité dans le domaine de la santé

Parmi les Living Labs labellisés à travers le monde, une part importante intervient dans le secteur de la santé. Quels sont les raisons de ce plébiscite ?

Des citoyens/patients qui ont la volonté de devenir acteurs responsables de leur santé

L’innovation en santé vise, entre autres, l’amélioration de l’état de santé, la qualité de vie de la population ou encore l’efficience des politiques de santé publique et des prises en charge. Ainsi, elle concerne tous les citoyens, utilisateurs du système de santé. Or, on observe depuis de nombreuses années, un intérêt grandissant de ces citoyens, parfois patients, à participer de façon proactive et continue à la définition des produits et services qui leur sont proposés. Les citoyens cherchent à se réapproprier leur santé en se structurant en associations ou communautés de patients, échangent sur des forums en ligne dédiés à la santé…on parle désormais de patient expert ou patient ressource, de démocratie sanitaire… Le secteur de la santé est marqué par une volonté de faire de l’usager un acteur responsable de sa santé.

Et tant mieux ! Car l’un des objectifs importants du modèle Living Lab est l’attention portée à « l’empowerment » des usagers. Dans le secteur de la santé, l’objectif est que les citoyens/patients deviennent des porteurs naturels d’innovation et co-créateurs de valeur.

Des innovations en santé mais peu d’usages

Nous le savons l’avenir de la santé passe par l’exploitation des Big Data, les objets connectés, l’intelligence artificielle ou encore la réalité virtuelle ou augmentée… La littérature démontrant les bénéfices de l’e-santé pour le système de santé, pour la population en général comme pour ses professionnels et patients est aujourd’hui abondante. Tous les produits et services visant à la prévention santé, aux soins, à l’accompagnement et au suivi à domicile seront demain numériques, intelligents et personnalisés.

Pourtant selon le Pôle Interministériel de prospective et d’anticipation des mutations économiques (Pipame), l’usage réel de l’e-santé reste timide en France avec des expérimentations qui se succèdent sans modifier profondément les pratiques et sans que les usages ne se développent significativement. En d’autres termes, des solutions sont créées dans des laboratoires fermés où les interactions avec les usagers sont peu fréquentes ou arrivent en fin de processus d’innovation. Ainsi ces solutions ne sont pas adoptées par leurs principaux utilisateurs car leurs besoins ne sont pas pris en compte. Au final, trop peu de produits et services en recherche et développement, qu’ils soient numériques ou non, réussissent à produire une valeur de marché significative.

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