Du curatif au préventif, vers un changement de paradigme ?

La nouvelle loi de santé, promulguée le 26 janvier 2016, vise à moderniser notre système de santé et a pour objectif de relever trois défis majeurs:

  • l’allongement de la durée de vie des français,
  • la progression des maladies chroniques,
  • et l’augmentation des inégalités de santé.

La loi propose trois grandes actions :

  • renforcer la prévention ;
  • réorganiser les soins de proximité à partir du médecin généraliste ;
  • développer les droits des patients.

Pour la première fois, une loi de santé donne la priorité à la prévention. Petite révolution dans ce monde puisque depuis toujours notre système de santé s’est développé autour du soin.

Qu’est-ce que la prévention santé ?

Pour l’Organisation Mondiale de la santé (OMS), « la prévention est l’ensemble des mesures visant à éviter ou réduire le nombre et la gravité des maladies, des accidents et des handicaps ».

Elle distingue ainsi trois types d’actions de prévention selon le moment où elles s’appliquent par rapport à l’évolution de la maladie :

  • la prévention primaire, qui a pour but d’éviter l’apparition de la maladie en agissant sur ses causes ; elle intervient avant que la maladie ne survienne (vaccination, actions sur les facteurs de risques) ;
  • la prévention secondaire, qui vise à détecter la maladie ou la lésion qui la précède à un stade où la prise en charge efficace des individus malades peut intervenir utilement (dépistage du cancer du sein, incitation au dépistage de l’hépatite C par exemple)
  • et enfin la prévention tertiaire qui a pour objectif de diminuer les récidives, les incapacités et a pour vocation de limiter les complications et séquelles d’une maladie.

Ainsi le champ de la prévention recouvre aussi bien les actions collectives visant à protéger la santé des personnes par le développement d’un environnement physique et social favorable à la santé (dépistages de certaines maladies, préservation de la qualité de l’air et de l’eau…) que par la promotion des comportements individuels favorables à la santé (prévention du tabagisme, promotion de l’activité physique…). Le champ de la prévention s’adresse donc à l’ensemble de la population et s’exerce dans tous les lieux de vie des individus, au domicile, au travail, à l’école…

Les politiques de prévention santé en France

En France, il est traditionnellement admis que la prévention occupe une place subsidiaire dans le système de santé français.

En 2015, les dépenses de santé, c’est-à-dire la somme de toutes les dépenses engagées par les financeurs publics et privés pour la fonction santé, étaient de 256,9 milliard d’euros, soit 12% du PIB. Parmi ces dépenses, la consommation de soins et de biens médicaux était évaluée à 194,6 milliards d’€ et à 5,8 M€ pour la prévention santé.

Ces chiffres montrent clairement le déséquilibre majeur entre les dépenses de soins et de prévention, caractéristique du système français, qui explique pour une grande part son coût important.

En effet, avec 15 millions de patients atteints de maladies chroniques, 6,5 millions de patients en affections de longue durée, un rythme de croissance annuelle du nombre de ces patients de 2,5% et une espérance de vie sans en bonne santé inférieure à la moyenne des pays européens, le système de santé français est confronté à un problème majeur de financement tant pour le Régime Général de la Sécurité Sociale que pour les organismes d’assurance santé complémentaire. Parallèlement, le vieillissement de la population génère de nouvelles problématiques en terme de parcours de soins ou de gestion de la dépendance et conduit à une augmentation de la demande de soins.

Face à cette situation d’augmentation des soins et de ressources humaines compétentes limitées, aggravée par un contexte économique mondial difficile, la prévention devient donc un enjeu majeur des évolutions de notre système de santé et de financement.

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